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" La mémoire a conservé peu de choses de ce spectacle, sinon la certitude de quelque chose de capital, quelque chose qu'on se doit de dire, et qui là est dit, une fois pour toutes, mieux que jamais, et si raidement, si purement, qu'on en tremble, qu'on en a la parole coupée, et qu'on sort le coeur blessé et pansé, baigné d'une effluve de larmes. " Hervé Guibert Cet enregistrement de Café Müller a été réalisé en 1985 avec Pina Bausch qui en outre a supervisé toute la production du film. Un document historique.
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Il y a des mythes dans l'histoire de la danse et la création du Sacre du printemps de Stravinsky par les Ballets russes de Diaghilev figure parmi eux. Juste avant la Première Guerre mondiale, la création en 1913, au Théâtre des Champs-Élysées, fut un scandale retentissant qui marqua le début de la danse moderne, du moins celle du XXe siècle. Parce que le scandale fut si éclatant, la chorégraphie de Nijinski tombait presque dans l'oubli et devenait, à tort, secondaire. La musique de Stravinsky, en revanche, s'imposa et fut interprétée par d'autres chorégraphes célèbres, parmi eux Martha Graham et Maurice Béjart. En 1975, dans la pluvieuse ville de Wuppertal, Pina Bausch relevait le défi.
" C'est une série de cérémonies de l'ancienne Russie ", a précisé le compositeur. " Le Sacre du printemps ne comprend pas d'intrigue ", ajouta-t-il. C'est exactement ce qu'on sent quand on regarde la captation du mythique spectacle de Pina Bausch. Il y a un centre autour duquel se déroule l'action. Il fait chaud, la tension entre hommes et femmes est palpable et quelqu'un doit consentir à un sacrifice. Mais qui ? Une femme, mais laquelle ?
La distinction entre Pina Bausch et les chorégraphes antérieurs fut là : ses danseurs et danseuses dansent jusqu'à la frontière de l'épuisement. Vêtus de peu, la terre noire leur colle à la peau. Oui, jusqu'au point où ça commence à faire mal. Un document unique des débuts de Pina Bausch, un enregistrement authentique d'une des chorégraphies les plus marquantes du XXe siècle.
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«Renate quitte le pays», telle une opérette, est une pièce qui flirte avec les spectateurs. Gai et élégant, c'est peut-être la pièce la plus amusante que Pina Bausch ait jamais créée. Une oeuvre encore inconnue du public et emblématique du théâtre dansé, qui marie Hollywood à Wuppertal. (DVD trilingue inclus)
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Il y a des surprises qui ressemblent à des miracles. Avant de tourner son film La Plainte de l'impératrice, Pina Bausch s'est pliée à un exercice. Elle a dû montrer aux coproducteurs des chaînes de télévision, qu'elle était capable de faire un film sans scénario. Sa méthode était incompatible avec les méthodes traditionnelles du cinéma. Ainsi, un film est né, un film qui documente les répétitions d'une de ses pièces portant le titre (intraduisible) Ahnen. Et ce film montre un ensemble de danseuses hors pair. En attendant, en cherchant et créant. Un document unique. En fait il y a ici vraiment de quoi crier au miracle.
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Voici une petite sensation: le premier DVD d'une pièce de Pina Bausch.
Kontakthof,pièce "mythique", a été, en 2001, mise en scène avec des dames et des messieurs ayant un certain âge, ni acteurs ni danseurs, mais disposant d'un trésor d'expériences.
Deux plans interfèrent pendant toute la pièce: les relations entre hommes et femmes, et la nécessité de se montrer à un public. Le Kontakthof ("cour de contact") est l'endroit où les prostituées attendent leurs clients. Le théâtre est la forme sublimée d'un processus similaire.
La scène consiste en un espace surélévé, gris, style 1900, érigé en salle de danse avec une estrade et un piano, comme une scène sur la scène. Rolf Borzik, le créateur de la scénographie et des costumes, a réalisé ici l'une de ses grandes oeuvres, typiques d'une série de spectacles qui ont fondé la renommée mondiale de la troupe.
L'aspect "Variétés" de la pièce est souligné dans la musique: les chansons des années 20 et 30, avec leur mélodie nostalgique, sur la brèche entre joie et désespoir, emporte danseurs et spectateurs comme en un souffle.
Lors de la première, en 1978, la pièce fut bien sûr interprétée par les danseuses et danseurs de la troupe de Pina Bausch. Mais le désir de la chorégraphe de voir un jour la pièce interprétée par des danseurs plus âgés était déjà là.
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Le titre du film paraît biblique, un peu provocant. Une femme, des femmes, un homme, des hommes. Qui ne sont peut-être qu'un et se manifestant sous plusieurs apparences. Des enfants aussi et, bien sûr, des passions. La danse en fait partie. Autant de marques pour jalonner le parcours. Justement, un parcours peu habituel à l'intérieur de la ville et dans les paysages autour de Wuppertal, où la chorégraphe habita et travailla pendant presque quarante ans.
Un portrait ne raconte pas une histoire. On peut seulement deviner la biographie de celui ou de celle qui est portraituré. Même quand il s'étale dans le temps - ce qui est ici le cas - une histoire se dégage à peine. Au lieu de cela le film creuse dans la profondeur des sensations, des atmosphères jamais vues et entendues.
C'est aussi un film sur les saisons. Les feuilles en automne. La neige en hiver. L'herbe au printemps. Sur des arbres qui portent des numéros. Sur des eaux vives et des fruits étranges. Il y a un désir criant dans ce film, le besoin d'être aimé, la peur de la fin.
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Lors du tournage de son film La Plainte de l'impératrice, Pina Bausch apprend que la danseuse interprétant le rôle de la victime dans Le Sacre du printemps est tombée malade. La représentation étant prévue pour le lendemain, Pina Bausch interrompt aussitôt son tournage pour organiser une répétition spéciale et préparer Kyomi Ichida pour ce rôle. Quelques membres de l'équipe du tournage se rendent également dans la salle. Ils profitent de cette occasion pour filmer la séance de travail en cours. Pas à pas, geste après geste, Pina Bausch fait évoluer Kyomi Ichida d'une étape à l'autre dans cette scène-clé de l'oeuvre. Le calme, la concentration qui accompagne cette répétition, sont exemplaires. Quant à la beauté et l'originalité des propositions chorégraphiques de Pina Bausch, elles s'expriment avec une force extraordinaire.
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Walzer - « valse » en français - quel titre envoûtant ! Et à première vue, on se sent à l'aise chez Pina Bausch.
On dort, on rêve, jusqu'à ce que quelqu'un s'éveille, heureusement assez tôt, pour éteindre un feu qui couve. Peu importe, la fête continue. Bien que les invités soient un peu bizarres. Ils bougent comme s'ils étaient inconscients et pourtant sûrs d'eux comme des noctambules. Ils portent une charge : le fardeau de leur vie.
Le moment arrive où la première commence à parler, Mechthild Grossmann, par terre et un verre de vin à la main. Mais il y a d'autres femmes, surtout des femmes. Les solos inoubliables de Meryl Tankard, Jo Ann Endicott ou encore Nazareth Panadero. Ça, c'est la grande Pina Bausch qui dans les années 1970 et 1980 réunissait autour d'elle une bande de danseurs révolutionnaires. Inoubliable, inégalable. Où chaque danseur et chaque danseuse fut un interprète hors pair et un personnage, qui pouvait remplir sans peine toute une scène vide.
Walzer est un film de 55 minutes issu d'une pièce qui dure plus de trois heures et dont la première a eu lieu en 1982 au Théâtre Carré d'Amsterdam. L'extrait a été choisi par Pina Bausch et c'est encore elle qui a supervisé l'enregistrement et le montage.
S'il existe un moyen de conserver l'esprit d'un spectacle vivant, on peut le contempler ici.
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It's too late to say littérature ; auhourd'hui recherche formes désespérément
Jean-charles Massera
- Cercle D'Art
- Ah!
- 23 Septembre 2010
- 9782702209417
Contrairement à d'autres champs artistiques, la littérature - ce qui se désigne comme telle - semble de moins en moins consciente, non seulement de son histoire récente, mais également de son historicité. À défaut de remettre en route une histoire littéraire arrêtée depuis les dernières avant-gardes des années soixante-dix du siècle dernier, It's too late to say littérature (aujourd'hui recherche formes désespérément) essaye de poser quelques questions à cette volonté de ne pas savoir, d'interroger quelques auteur(e)s ou artistes dont le travail cherche non pas à s'appuyer confortablement sur les formes et les genres de l'histoire littéraire entrée en glaciation mais tout simplement à trouver des formes motivées par les visées qu'elles se donnent, par les conditions historiques de nos expériences de l'ici et maintenant. Un essai de Jean-Charles Massera suivi d'une série d'entretiens avec :Sandy Amerio - Éric Arlix - Patrick Bouvet - Thomas Clerc - Claude Closky - Jean-Yves Jouannais - Martin Le Chevallier - Loreto Martinez Troncoso - Louise Desbrusses - Yves Pagès - Julien Prévieux - Arnaud Viviant.
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C'est du théâtre comme c'était à espérer et à prévoir
Jan Fabre
- L'Arche
- 6 Juillet 2009
- 9782851817099
Ils vident des sacs de sable, ils lèchent du yaourt à même le sol, ils s'habillent le plus vite possible, ils s'enduisent de mousse à raser. Dix-huit gestes qui constituent pour Fabre une journée de travail au théâtre. Les spectateurs peuvent passer au bar et revenir ensuite, ils sont libres de traverser cette journée comme bon leur semble. Avec son esthétique des années quatre-vingt - projecteurs Super 8, crochets de boucheroe et costumes noirs et blancs - Fabre creuse un cratère dans le théâtre de cette époque.
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Patrice Chéreau ; transversales ; théâtre, cinéma, opéra
Patrice Chéreau
- Le Bord de l'eau
- 28 Octobre 2010
- 9782356870735
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En 1980, Jan Fabre rassemble plusieurs amis/acteur autour de lui pour créer sa première pièce de théâtre, Théâtre écrit avec un "k" est un matou flamand. Il s'agit du premier volet d'une trilogie (qui se poursuit avec C'est du théâtre comme c'était à espérer et Le Pouvoir des folies théâtrales.) Les trois productions se réfèrent explicitement au théâtre comme un lieu en pleine ligne de mire; Fabre met le théâtre sens dessus dessous et cherche à savoir ce dont il peut se débarrasser dans / à travers ce média. Au niveau formel par contre, les trois productions sont on ne peut plus éloignées l'une de l'autre. L'approche du théâtre est différente dans chacune d'elles: maniériste dans le Pouvoir..., à la façon d'un ready-made dans C'est du Théâtre..., et avec la force combative de la performance dans Théâtre écrit avec un "k"... .
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William Kentridge explore ici l'imaginaire de l'Égypte ancienne vue par les voyageurs des siècles passés en réunissant une série de dessins ainsi que des captures d'écran de ses films d'animation.
Ses dessins, réalisés à même des livres ou des collages de feuilles de papier trouvées, confrontent sa géographie intérieure avec les importantes collections de vestiges conservées au Louvre : le scribe, le sphinx, le chat ou encore le mausolée trouvent ainsi écho dans les dessins d'artistes et de voyageurs - ruines, pyramides, explorateurs, transformations du chat en lion - réalisés par Carracci ou Degas en passant par Le Brun et Crapelet.
L'ouvrage est complété par le texte Isis Tragédie, inspiré de l'Isis de Lully, ainsi que par une série de notes inédites dans lesquelles William Kentridge revient sur les figures égyptiennes qui l'ont nourri et sur ses supports de travail. Le livre contient également trois nouveaux films de l'artiste en DVD.
L'installation Carnets d'Égypte a été présentée en 2011 dans les salles du département des Arts graphiques et des Antiquités égyptiennes du Louvre.