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Entreprise, économie & droit
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Capitalisme, désir et servitude ; Marx et Spinoza
Frédéric Lordon
- La Fabrique Éditions
- 9 Septembre 2010
- 9782358720137
Dans ce livre, Frédéric Lordon se penche sur le centre nerveux du capitalisme : le rapport salarial. Il l'envisage de manière marxiste, c'est-à-dire comme configuration des structures sociales, et, moins classiquement, d'un point de vue spinoziste : quels sont les affects qui font fonctionner ces structures ? Comment rendre les dominés heureux ? Que veut dire consentir ? Qu'entend l'entreprise par " motivation ", " réalisation de soi ", " épanouissement au travail " ? Comment certains salariés en viennent-ils à faire cause commune avec le Capital ?
Lordon nous le montre avec brio : le projet capitaliste est un projet de possession intégrale des âmes, des intériorités. Le totalitarisme est son stade ultime.
Lordon réouvre une porte vers une réponse communiste à l'entreprise : " une vie humaine ".
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Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu'elle en verra la fin)
Jean Ziegler
- Le Seuil
- Expliqué À ...
- 3 Mai 2018
- 9782021397222
Le capitalisme domine désormais la planète. Les sociétés transcontinentales défient les États et les institutions internationales, piétinent le bien commun, délocalisent leur production où bon leur semble pour maximiser leurs profits, n'hésitant pas à tirer avantage du travail des enfants esclaves dans les pays du tiers-monde.
Résultat : sous l'empire de ce capitalisme mondialisé, plus d'un milliard d'êtres humains voient leur vie broyée par la misère, les inégalités s'accroissent comme jamais, la planète s'épuise, la déprime s'empare des populations, les replis identitaires s'aggravent sous l'effet de la dictature du marché.
Et c'est avec ce système et l'ordre cannibale qu'il impose au monde que Jean Ziegler propose de rompre, au terme d'un dialogue subtil et engagé avec sa petite-fille. -
Une contre-histoire d'internet du XVème siècle à nos jours
Felix Tréguer
- Agone
- Eléments
- 15 Septembre 2023
- 9782748905274
Le contrôle de l'espace public par l'État s'appuie sur des stratégies multiséculaires sans cesse renouvelée, y compris au moment de l'arrivée d'Internet. Cette technologie est ainsi rapidement passée d'un instrument au potentiel émancipateur à un instrument de pouvoir étatique et économique sans précédent. Comprendre le fil de ce changement implique de replacer cette technologie dans une histoire longue : celle des conflits qui ont émergé chaque fois que de nouveaux moyens de communication ont été inventés. Depuis la naissance de l'imprimerie, les stratégies étatiques de censure, de surveillance, de propagande se sont sans cesse transformées et sont parvenues à domestiquer toute contestation. L'État à toujours su restaurer son emprise sous des formes inédites au gré d'alliances avec les seigneurs du capitalisme, désormais numérique, tout en réprimant violemment les usages militants d'Internet. Après dix années d'engagement en faveur des libertés sur Internet, Félix Tréguer analyse avec lucidité les fondements antidémocratiques de nos régimes politiques et la formidable capacité de l'État à façonner la technologie dans un but de contrôle social.
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L'empire de la valeur ; refonder l'économie
André Orléan
- Le Seuil
- La Couleur Des Idées
- 20 Octobre 2011
- 9782021054378
La crise financière a révélé au grand jour les limites de la théorie économique : celle-ci n'a su ni prévoir les désordres à venir, ni même simplement nous mettre en garde contre de possibles instabilités. Cet aveuglement est le signe d'un profond dysfonctionnement qui exige plus qu'un simple replâtrage pour être corrigé : un renouvellement radical des méthodes et des concepts, au premier rang desquels celui de valeur économique. Pour le dire simplement, les économistes conçoivent la valeur, que ce soit celle des marchandises ou celle des titres financiers, comme ayant la nature d'une grandeur objective qui s'impose aux acteurs et à leurs interactions, à la manière d'une force naturelle. Ceci est apparent dans le domaine financier au travers des formules mathématiques que calculent les économistes pour établir la juste évaluation des actifs. La crise a montré que ces formules n'étaient pas fiables. Cela ne tient pas à une insuffisante habileté à mener des calculs complexes mais à la nature même de la question posée. Il n'existe pas une juste valeur, ni pour les marchandises, ni pour les titres, mais différents prix possibles en fonction des intérêts et des croyances. À partir de ce nouveau cadre d'analyse, c'est toute la science économique qu'il s'agit de refonder.
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Pour un monde en commun : regards croisés entre l'Afrique et l'Europe
Séverine Kodjo-grandvaux, Achille Mbembe, Rémy Rioux
- Actes Sud
- Nature
- 16 Mars 2022
- 9782330162177
À travers ce livre d'entretiens, Rémy Rioux, directeur de l'Agence française de développement, et Achille Mbembe, historien, spécialiste des questions postcoloniales à qui Emmanuel Macron a commandé la rédaction d'un rapport sur les relations France- Afrique, interrogent le poids du passé colonial ainsi que les mutations en cours à l'heure de la mondialisation et de l'anthropocène. Revenant sur les grands défis du XXIe siècle, ils appellent tous deux à développer une politique et une diplomatie du vivant qui préservent les conditions d'habitabilité de la Terre.
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L'économie de la culture
Françoise Benhamou
- La découverte
- Repères Découverte
- 28 Septembre 2017
- 9782707197047
Huitième édition de cet ouvrage de référence qui fait le point sur les analyses économiques du spectacle vivant, des marchés de l'art, du patrimoine et des industries culturelles, en montrant comment se sont développées des grilles de lecture originales, qui empruntent à la théorie économique tout en forgeant des outils spécifiques.
Aucun domaine de l'univers de la culture n'échappe à l'emprise de l'économie. Ce livre fait le point sur les analyses économiques du spectacle vivant, des marchés de l'art, du patrimoine et des industries culturelles. Il montre comment se sont développées des grilles de lecture originales, qui empruntent à la théorie économique tout en forgeant des outils spécifiques.
Dans cette nouvelle édition, l'auteure rend compte des développements induits par le numérique jusque dans les secteurs restés dans un premier temps à l'écart du changement. Elle analyse les fondements et les outils de la politique culturelle et en dessine les principales évolutions. -
Françoise Giroud fut sans conteste l'une des journalistes politiques les plus talentueuses de son temps. Script de Jean Renoir dans sa jeunesse, compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber ensuite, farouche opposante à la guerre d'Algérie, elle resta l'amie fidèle de Mendès-France et de Mitterrand.
Fille d'immigrés turcs née en 1916, elle ne passa jamais son bac mais devint secrétaire d'État à la condition féminine sous Giscard d'Estaing. Travailleuse acharnée, élégante en diable, éprise de liberté, c'était une visionnaire qui roulait en décapotable et fut une grande amoureuse, aimant le plaisir autant que le devoir. Mais on découvre que ce tempérament passionné a aussi ses zones d'ombre - expérience de la trahison, tentative de suicide, mort d'un fils...
À travers le portrait d'une femme d'exception, c'est une époque de feu que ressuscite ici Laure Adler : un temps, pas si lointain, où l'on savait encore se battre pour des idéaux.
Laure Adler est journaliste, historienne et écrivain. -
L'insoutenable productivité du travail
Mireille Bruyere
- Le Bord de l'eau
- L'Economie Encastree
- 19 Avril 2018
- 9782356875730
Ne sommes nous pas devenus trop efficaces ? N'avons nous pas dépassé la limite du raisonnable quant à notre capacité à produire, quant à notre productivité ? Une productivité désirée non seulement par les chantres du néolibéralisme, mais aussi par la grande majorité des courants critiques du capitalisme. La critique de la croissance déjà ancienne désigne notre désir infini pour la consommation comme source de notre aliénation et de l'impasse écologique dans laquelle nous avons précipité la planète. Mais, ce désir de consommation infini n'est-il pas l'autre face de notre désir d'efficacité infinie ? De notre désir de maîtrise infinie ? Ne faut-il pas aussi s'interroger sur notre efficacité productive et sur les niveaux de productivité que nos économies ont atteints aujourd'hui ?
La critique du capitalisme et de l'économie néolibérale s'appuie souvent sur la possibilité de faire une autre économie plus solidaire et écologique sans remettre en question le lien sacré entre la nécessaire productivité du travail et l'émancipation humaine vis-à-vis de la Nature. La productivité du travail est alors notre promesse d'infinité et d'abondance, notre mythe occidental et l'économie en est la science.
Les débats économiques et politiques se cantonnent sur la répartition des fruits de cette efficacité productive (dividendes, salaires, revenu universel, protection sociale).
Mais le problème n'est-il pas l'économie en tant que discours d'efficacité et de productivité ? Ce livre se propose de montrer que l'aliénation actuelle n'est pas seulement la mauvaise répartition des richesses, mais l'injonction toujours renouvelée à la productivité du travail.
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Guide de la classification décimale de Dewey : tables abrégées
Annie Béthery, Jean Maury
- Cercle de la libraire
- Bibliotheques
- 13 Septembre 2018
- 9782765415626
Outil pédagogique, ce guide présente les principes de la classification décimale de Dewey, de la pratique de l'indexation et de la cotation. Les tables abrégées et l'index thématique sont issus de la 23e édition de la CDD publiée en 2011 en langue anglaise par l'OCLC. Sans bouleversements notables, cette nouvelle édition en français apporte cependant nombre d'enrichissements et d'éclaircissements.
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Libres enfants du savoir numerique
Blondeau/Latrive
- Éditions de l'éclat
- Premier Secours
- 27 Mars 2000
- 9782841620432
Avec l'apparition du numérique, les 'créations' se détachent lentement de leurs supports matériels.
Images, musique, mots et algorithmes sillonnent la planète jour et nuit, devant les yeux écarquillés des marchands. L'exode du savoir conduit à une terre promise à bien des bouleversements. Tandis que des armées de juristes s'interrogent sur la manière de pouvoir "vendre les idées", une rumeur s'élève, laissant entendre qu'elles pourraient être "libres comme l'air, libres comme l'eau, libres comme la connaissance".
Des logiciels libres au MP3, du droit de citation au plagiat considéré comme un des beaux-arts, Richard Stallman, Bruce Sterling, John P. Barlow, Richard Barbrook, Ram Samudrala, Philippe Quéau, Bernard Lang, Eric S. Raymond, Benjamin Drieu, Michael Stutz, Jean-Michel Cornu, Critical Art Ensemble, Negativland, Antoine Moreau et Michel Valensi dessinent les contours de la communauté paradoxale du " Libre ".
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Pour en finir avec ce vieux monde - les chemins de la transition
Coutrot Thomas
- Utopia
- 1 Avril 2011
- 9782919160044
Crise économique, crise écologique, crise sociale, crise démocratique et plus profondément crise du sens : nos sociétés subissent les conséquences d'un développement insoutenable et inégalitaire issu de l'idéologie néolibérale qui s'est répandue dans le monde ces trente dernières années. Mais au-delà de ce constat de plus en plus partagé et sur lequel nous ne nous attarderons pas, cet ouvrage vise à montrer pourquoi et comment il est possible d'adopter un mode de développement radicalement différent, non obsédé par la croissance. Comment passer d'une économie des quantités à une économie de la qualité ? Peut-on penser une prospérité sans croissance, avec quelles nouvelles définition et répartition des richesses ? Comment faire de la contrainte écologique une extraordinaire occasion de transformer le système économique et les rapports de travail pour que chacun accède à un travail décent ? Dans la transition vers ce nouveau monde, quels rôles peuvent jouer le système éducatif, la relocalisation des activités, le revenu d'existence, les coopératives, le revenu maximum, la reconnaissance de biens communs mondiaux ? Autant de questions abordées par des auteurs issus d'horizons théoriques et disciplinaires très divers, dont certains sont des théoriciens étrangers reconnus. Auteurs qui tous ressentent l'impérieuse nécessité de défricher ces nouvelles voies en abordant de près la question des transitions, afin de dessiner les chemins qui pourraient nous permettre de dépasser le capitalisme et ainsi nous rapprocher d'un monde soutenable. Utopie ? Moins que de prétendre pouvoir moraliser, réguler ou verdir à moindres frais ce capitalisme prédateur. Les auteurs ici rassemblés n'ont pas une vision unique d'un nouveau modèle de société ni des moyens d'y parvenir. Mais ils partagent la conviction qu'aucune fatalité ne condamne l'humanité à détruire son habitat social et terrestre, à condition qu'elle reconnaisse les limites que lui impose la nature et qu'elle mobilise l'immense potentiel innovateur de son intelligence collective. La vocation de cet ouvrage est de tracer des pistes pour nourrir le débat et susciter l'action.
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Les silences de la loi ; une magistrate face à l'inceste
Marie-Pierre Porchy
- Fayard
- 3 Mars 2021
- 9782213720661
Un livre incontournable qui plaide pour que la prise de conscience actuelle autour des agressions sexuelles sur mineurs se transforme en avancée législative historique.
Avant la rue, le premier lieu d'insécurité pour de nombreux enfants est le toit familial. C'est souvent un père, un beau-père ou un oncle qui va, des années durant, abuser d'un enfant dans le silence profond et verrouillé d'une famille. Aujourd'hui, près d'un tiers de l'activité de nos cours d'assises est consacrée au jugement de viols sur des enfants, commis majoritairement dans le milieu familial. Pour répondre à ces actes destructeurs pour les victimes, la loi pénale doit être réexaminée. En matière d'inceste tout particulièrement, les interdits doivent être posés clairement pour ne pas laisser de place à un faux débat sur le consentement de l'enfant, qui ne devrait jamais être abordé. Forte de son expérience de magistrate et des nombreux cas qu'elle a suivis, la juge Marie-Pierre Porchy s'élève contre ces lacunes légales. Elle condamne en outre un fonctionnement judiciaire inadapté au recueil de la parole fragile de l'enfant et qui peut, à son tour, devenir traumatisant au lieu d'être réparateur. Un livre fondamental et nécessaire pour comprendre ce tabou de notre société, faire évoluer notre droit et contribuer à une justice plus humaine.
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Quelle formation professionnelle supérieure pour les arts du cirque ?
Etienne R Vinet J Vi
- Éditions L'Harmattan
- Pratiques En Formation
- 16 Juin 2014
- 9782343034270
Cet ouvrage est le premier à faire le tour sur la mise en place d'une formation supérieure aux arts du cirque en France, en Europe et en Amérique du Nord.S(Les auteurs, tous acteurs de premier plan dans ce champ en émergence, ont pris le temps de faire une mise à plat et une confrontation sur les curriculums, les méthodes et les contenus d'enseignement de cette formation.
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L'avenir est notre poubelle ; l'alternative de la décroissance
Jean-Luc Coudray
- Sulliver
- Idees Libres
- 4 Mars 2010
- 9782351220627
Que nous disent les feux rouges ou la carrosserie de notre imprimante ? Pourquoi les magazines pour enfants tutoient-ils leurs lecteurs ? Pourquoi avons-nous des nains de jardin et des nounours ? Y a-t-il une publicité invisible ? Pourquoi la croissance empêche-t-elle de penser ? De quoi libère le libéralisme ? Pourquoi sommes-nous condamnés au travail ? Quel est le lien entre les marques et le territoire ? Pourquoi la télévision remplace-t-elle les arbres ? A quoi sert la bêtise ? Confrontant la réflexion politique et écologique à des valeurs, et donnant à la sensibilité et à l'humour une place qu'ils n'auraient pas perdre, ce livre ne propose pas de théorie toute faite pour assurer la survie de l'espèce.
Mais à travers ses chapitres brefs et pénétrants, qui sont autant d'analyses de la réalité concrète dans laquelle nous vivons, il nous invite à reprendre à notre compte et à poursuivre l'interrogation. Et nous suggère que, pour remettre sur ses pieds un monde qui marche sur la tête, c'est en chacun de nous que doit s'opérer le rétablissement.
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Pour en finir avec la mécroissance ; quelques réflexions d'Ars Industrialis
Christian Fauré, Alain Giffard, Bernard Stiegler
- Flammarion
- 10 Avril 2009
- 9782081224926
Avec la fin du «siècle de l'automobile» et de l'«ère du pétrole», ce sont aussi la télévision, les industries de programme et les industries culturelles en général qui sont entraînées dans une crise profonde, subissant la désaffection d'une partie croissa
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Résister au bougisme : Démocratie forte contre mondialisation techno-marchande
Taguieff P-A.
- Éditions Mille et Une Nuits
- 1 Juin 2001
- 9782842055844
« Ceux qui sont aujourd'hui inquiets ont toutes les raisons de l'être. Non seulement la survie de l'espèce humaine ne va plus de soi, mais l'existence même des êtres vivants sur notre planète est menacée. Quant à la vie humaine comme elle va, chacun sait qu'elle est vécue dans l'opulence par une petite minorité et dans la misère par la plus grande partie de l'humanité. Par le simple effet des échanges marchands, une surhumanité se reproduit, heureuse et fière de vivre " à l'âge de la mondialisation, surplombant une subhumanité privée d'horizon, à qui l'espoir même paraît interdit. [...] Aux inquiets, il manque d'abord de fortes raisons de ne pas désespérer, ensuite et surtout des raisons d'agir, lesquelles se profilent comme des raisons de réagir contre les nouvelles figures du Destin, de résister aux impératifs d'adaptation à ce qui serait un mouvement planétaire inéluctable. Car il n'est pas de résistance ni de révolte souhaitables sans une idée régulatrice de l'humanité ou de la société.
Ce qui se dessine nettement, c'est le système de valeurs et de normes à travers lequel l'idéologie globaliste prend forme. Les nouvelles élites transnationales exigent de tous les individus humains qu'ils " bougent ", qu'ils suivent le mouvement globalisateur, qu'ils accélèrent leur propre mouvement, qu'ils vivent désormais à " l'heure de la mondialisation ". Les normes en sont simples, voire sommaires : consommer toujours plus, communiquer toujours plus rapidement, échanger d'une façon optimalement rentable. L'entrée dans la société " bougiste " planétaire et l'imposition à tous les peuples des valeurs de l'individualisme moderne/occidental (utilitaristes, " compétitivistes ", hédonistes) s'accompagnent d'une réduction de la démocratie au couple formé par les droits de l'homme et le marché libre, sans frontières.
Entre le sujet universel (le genre humain), sujet d'inhérence des droits de l'homme, et la multiplicité des individus idéalement dotés de droits, il n'y a plus rien ou presque, en tout cas, il ne doit rien y avoir. [...] Cette volonté d'éliminer les peuples, les nations et les États souverains est l'attribut principal du sujet mondialisateur et/ou globaliste, celui qui incarne ou représente le nouveau pouvoir polymorphe émergeant à l'échelle planétaire. C'est là priver la démocratie de son champ d'inscription et d'exercice, c'est plus largement abolir l'espace politique.
Le processus de globalisation, toujours suivi par son double symbolique " l'idéologie vaguement messianique et faiblement utopiste du salut par le mouvement technomarchand ", illégitime le politique tandis qu'il légitime absolument le technique/technologique, l'économique et le financier. Le lien social est pulvérisé pour être remplacé par les interactions libre-échangistes.
Cette idéologie, fondée sur une promesse de salut dans et par le mouvement en avant perpétuel, suivant une vitesse accélérée, je l'ai baptisée " bougisme " ou " mouvementisme ". Il s'agit d'un nouveau système du destin : au coeur de la Vulgate émergente, l'on rencontre l'idée d'une évolution technomarchande inéluctable. » Pierre-André Taguieff ne nous avait pas habitué à une écriture pamphlétaire, aussi brève et incisive. En lançant le concept de "bougisme " qui lui semble le plus opérant pour une critique radicale, il s'attaque radicalement au processus dans lequel notre société semble fatalement engagée. Selon lui, il résulte de la dégradation du concept de " progrès ", tel que celui-ci a été opérant tout au long du siècle dernier. Délaissant une analyse très méticuleuse et érudite, celle dans laquelle il a excellé en traitant du racisme, de l'antisémitisme et de la nouvelle droite, il s'en prend à la rhétorique mystificatrice des élites néo-libérales qui masque le passage à une société post-démocratique, remplaçant le citoyen par le consommateur et l'actionnaire.
Résister au bougisme constitue une proposition forte de résistance et de lutte. Contre toute résignation et contre tout défaitisme, Pierre-André Taguieff tente une ouverture optimiste : il " s'efforce d'opérer une reconstruction des fondements et des finalités de l'action politique ". Car selon lui, seule une revitalisation des principes de responsabilité, de préservation et de résistance, au coeur de l'idéal républicain, peut enrayer l'évolution du monde, telle qu'elle s'annonce.
Penseur et philosophe, chercheur en sciences politiques au CNRS, il est, entre autres, l'auteur de L'effacement de l'avenir (Galilée, 2000), Face au Front national (La Découverte, 1998), La Couleur et le Sang (Mille et une nuits, 1998).
A noter : parallèment, il publie chez Librio une histoire de l'idée du progrès : Du progrès. -
Propriété intellectuelle, contrefaçon et innovation ; les multinationa les face à l'économie de la connaissance
Guilhem Fabre
- Pu De Rouen
- 11 Janvier 2010
- 9782877754804
« La propriété intellectuelle ou le vol ! »... Tels semblent être les termes d'un débat qui fait rage autour de la contrefaçon de marques, de produits de luxe et de médicaments, ou du piratage de la musique, des films et des logiciels.
Fondé sur des enquêtes de terrain et sur un suivi des meilleures analyses internationales, ce livre démonte ces fausses évidences, en montrant comment le régime actuel de propriété intellectuelle, en se renforçant et en s'universalisant depuis la fin de la guerre froide, est devenu un outil d'accumulation au profit de sociétés transnationales produisant ou sous-traitant des biens aisément duplicables (marques, médicaments, musiques, films, logiciels). La multiplication des droits de propriété intellectuelle en vient même parfois à entraver l'innovation qu'ils sont censés promouvoir.
La révolution numérique en cours, dont l'impact historique est comparable à l'apparition de l'imprimerie, impose toutefois de sortir d'un modèle intégriste selon lequel la propriété intellectuelle serait l'unique ressort de l'innovation.
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D'argent et de sang ; le roman vrai de la mafia du CO²
Fabrice Arfi
- Le Seuil
- 6 Septembre 2018
- 9782021354447
L'histoire relatée dans ce livre n'est pas inspirée de faits réels. Elle est réelle.
A l'origine, il y a, à Paris, la trajectoire de deux gamins des rues de Belleville, Samy et Marco, qui ont arrêté l'école avant même d'avoir mué. Leur existence faite de débrouillardise et d'instinct de survie les oblige à comprendre plus vite que n'importe qui que la seule prospérité possible pour eux se situe en dehors du Code pénal. Petites escroqueries, arnaques et tables de jeux : la vie est une partie de poker.
A l'autre bout de la ville et de l'échelle sociale : un jeune homme des quartiers huppés. Un blouson doré. Il s'appelle Arnaud. Son rêve est de devenir Gordon Gekko, le héros de Wall street, le film d'Oliver Stone.
Ensemble, Samy, Marco et Arnaud vont réussir à tromper l'intelligence la plus diplômée du pays, celle de polytechniciens et énarques qui ont travaillé à la mise en place d'une bourse financière aux nobles aspirations : lutter contre le réchauffement climatique.
Il en résulte la plus grande escroquerie de l'histoire de France. Au moins deux milliards d'euros détournés au nez et à la barbe de l'Etat sur le dos du droit à l'environnement et du capitalisme de casino.
C'était il y a dix ans.
Mais après l'épiphanie de l'argent, il y a eu la décadence du sang. Une épidémie d'assassinats a depuis frappé Paris et ses environs. Rivaux et témoins sont éliminés les uns après les autres, en toute impunité.
Voici le roman vrai de la mafia du CO2.